Le maquillage, les poils, et moi.

Cet article est un témoignage de la relation que j’entretiens avec le maquillage et les poils, il n’a pas de portée généraliste. J’ai choisi de parler de ces deux sujets ensemble, parce que mon rapport au maquillage est semblable à celui que j’ai avec mes poils.

J’ai commencé à me maquiller à douze ans, pour plaire au garçon dont j’étais amoureuse (et dont je parle ici, TW harcèlement/ dépression). Au début, je ne mettais que du fard à paupières, d’une manière qui me semblait discrète (allez savoir si c’était vraiment le cas ou si je dégoulinais de maquillage, j’ai peu de photos de moi de l’époque…).
Dans la foulée, sorties scolaires à la piscine « obligent », j’ai commencé à me raser jambes et aisselles. Je n’avais pas encore tant de poils que ça, mais je ne tenais pas à paraître différente des autres. (Heureusement, j’ai écouté ma mère qui me disait de ne pas me raser les cuisses, conseil judicieux puisque mes poils y sont restés clairs, et je n’ai eu à les raser que pour me faire tatouer l’an dernier.)

Quand j’ai eu treize ans, j’ai commencé à me maquiller un peu plus. Consciente que ma mère n’était pas trop d’accord, j’ai fait rentrer de force un tube de mascara dans la maison, en demandant à ma meilleure amie de m’en offrir pour mon anniversaire. Une technique qui a fort bien fonctionné !
Même si, avec le recul, je me dis que j’étais encore un peu jeune pour me maquiller, je ne le regrette pas. Mes yeux, qui paraissaient tout petits derrière mes verres de lunettes, ont soudainement été mis en valeur, et ce sentiment de me sentir jolie a été bénéfique pour ma confiance en moi.

Source de l'image : We Heart It.
Source de l’image : We Heart It.

Ce que je regrette un peu par contre, ce sont les raisons qui m’ont poussée à commencer à m’épiler et me maquiller : faire comme les autres, plaire… Autant de raisons dont je n’étais pas consciente sur le moment, mais auxquelles j’ai réfléchi avec le temps.
Ma réflexion a commencé par un ras-le-bol : ras-le-bol de me lever tôt pour me maquiller, ras-le-bol de me raser les jambes tous les jours en été pour  qu’elles soient toujours lisses.
Je me souviens d’un été où je ne pouvais pas sortir sans m’être maquillée, y compris pour aller me baigner chez des amies, m’être rasée les aisselles, les jambes, mais aussi le maillot intégral, pour que surtout rien ne dépasse. Si l’expérience du maillot intégral n’a pas duré longtemps (j’ai vite compris que c’était beaucoup de douleur pour pas grand-chose), il m’a fallu plus de temps pour tempérer mon rapport au maquillage, par exemple.
Petit à petit, j’ai arrêté de me raser en hiver, de me maquiller pour aller me baigner, parce que je n’y voyais finalement qu’une perte de temps, et aucun intérêt.

Au lycée, vers mes dix-sept ans, j’ai complètement arrêté de me maquiller. J’y passais beaucoup trop de temps, et je préférais employer ce temps à dormir un peu plus. Je me suis passée presque complètement de maquillage pendant deux ans (j’ai fait quelques exceptions pour des soirées, quand j’étais vraiment motivée ou que j’avais besoin d’un « coup de pouce » pour me sentir belle).
L’année suivante, j’ai arrêté de me raser. J’avais réellement le sentiment de perdre du temps pour ça, et je ne comprenais plus pourquoi je le faisais alors que tout le monde se fichait bien que j’ai des poils. J’ai passé un été entier avec mes poils aux gambettes (qui ont poussé bien plus que ce à quoi je m’attendais) et sous les aisselles.
C’est plus ou moins à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre que j’avais appris à me maquiller et me raser seulement pour faire comme les autres, pour ne pas être rejetée (moi qui étais déjà différente à bien des égards…), et que finalement, tous ces détails d’apparence m’importaient peu.

Mes gambettes d'amour avec leurs poils. Une photo postée sur Facebook qui m'a valu une réflexion désagréable (mais ç'a été la seule réflexion jamais eue).
Mes gambettes d’amour avec leurs poils. Une photo postée sur Facebook qui m’a valu une réflexion désagréable (mais ç’a été la seule réflexion jamais eue).

Et maintenant ? Je me maquille de nouveau, et je me rase les jambes en été. Non plus par convention sociale, mais parce que j’aime voir mes yeux mis en valeur par un coup de crayon, et que j’apprécie la sensation et la vue de mes jambes douces et lisses.
En revanche, je laisse vivre mes poils sous les aisselles, et je n’ai plus jamais touché au maillot. Je me suis habituée à ces poils, et je peux même dire que je les aime !

Et vous, vous aimez les vôtres ou vous leur faites la guerre ?

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